Une larme, un sourire...

Un jour, dans le monde...

le 20/02/2007 à 20h00

        Aujourd'hui est une belle journée. Le ciel a revêtu son manteau le plus bleu et le soleil a mis sa couronne la plus éclatante. Une douce chaleur volette entre les cyprès de mon jardin, soutenue par une brise fine qui la rend moins pesante. Quelques chants d'oiseaux auxquels on ne fait plus attention, et, de loin en loin, la plainte d'une cigale solitaire... L'été est fini, mais sa chaude présence reste suspendue dans l'air comme une nuée bienfaitrice que chacun veut conserver. Je ne devais avoir qu'une dizaine d'années à l'époque. Et pour un petit provençal, le mois de septembre est le plus terrible de l'année. Il faut se faire une raison, dire au revoir à l'été... Mais la ronde des souvenirs qu'il laisse dans son sillage danse encore dans mon coeur. Qu'il est difficile de quitter ceux que l'on aime ! Des cris, des rires résonnent en moi, comme l'écho d'un bonheur simple et pur qui s'enfuit déjà. En laissant grandir cette résonnance en moi, le bonheur accepte de rester encore quelques instants, mais je ne sais que trop bien que son départ, inexorable, n'en sera que plus douloureux. Je n'y songe pas encore. Et je me laisse bercer par ces couleurs, ce calme et ce silence qui semblent me remplir tout entier.


        Aujourd'hui est une belle journée. A 5 800 kilomètres de moi, des hommes sont en train de détourner des avions et vont faire des milliers de morts.

Ne me demandez pas ça...

le 13/02/2007 à 21h00

Me demander d'arrêter de t'aimer...


C'est comme demander à la Terre
de ne plus tourner.
C'est comme demander au Vent
de ne plus souffler.
C'est comme demander au Soleil
de ne plus briller.
C'est comme demander au Rossignol
de ne plus chanter.
C'est comme demander à la Rose
de ne plus pousser.
C'est comme demander au Feu
de ne plus brûler.

Me demander d'arrêter de t'aimer...

C'est...

Impossible.
Tout simplement.

Sans titre... pour l'instant

le 12/02/2007 à 20h50

Etre humain outragé et spolié pour ta foi,
Que veux-tu, ô mon frère, mais que veux-tu de moi ?
Pour retrouver ta force, je puis tout te donner.
Dit seulement un mot : ce sera accordé.

Mais ce mot, quel est-il ? Parle, je t'en supplie !
Veux-tu mort et douleur ? Veux-tu violence et cris ?
Veux-tu sentir souffrir ceux qui t'ont violenté ?
Veux-tu sentir mourir ceux qui t'ont humilé ?

Veux-tu que je te donne le poignard de feu,
Celui de cette haine qui brûle au profond d'eux ?
Veux-tu lamentations et grincements de dents ?
Veux-tu larme et soupir, et des cris déchirants ?

Veux-tu pour te venger, la pire des vengeances ?
Veux-tu pour te venger, la plus grande violence ?
_ Frère, répondit l'homme, je ne veux rien, tu penses.
Je veux uniquement amour et tolérance.

Aimer... et être aimé

le 29/01/2007 à 21h10


Le malheur d'un chanteur,
C'est de ne plus être écouté.

Le malheur d'un écrivain,
C'est de ne plus être lu.

Le malheur d'un acteur,
C'est de ne plus être regardé.

Mais le malheur pour moi,
Ce serait de ne plus être aimé par toi...


Folie ?

le 27/01/2007 à 17h00


La folie

C'est aimer au delà de tout amour
C'est espérer au delà de toute espérance
C'est croire au de là de toute foi


La folie
C'est rire, chanter, crier, danser


La folie
C'est profiter de la vie
Sans s'occuper du regard des autres

Une rencontre...

le 24/01/2007 à 19h00


Il avait beaucoup marché. Il ne comptait plus les kilomètres, les heures de fatigue... Il marchait sans avoir décidé de son but. Il savait qu'il sentirait quand il l'aurait atteint. Il avait traversé plusieurs villages... sans rencontrer une seule personne. Il n'aimait pas les villages. Ce qu'il aimait, c'était avancer sans se soucier du regard des autres... Avancer, à la frontière de l'herbe et des arbres, du chemin et du ciel. Ce chemin, il le suivait depuis si longtemps... il avait confiance en lui et savait qu'il le mènerait là ou il fallait. Il s'arrêta soudain devant une dune. De derrière, lui parvenait le bruit si apaisant de l'eau, qu'un cri de mouette couvrait par moment. Un air frais gifflait déjà son visage.

L'infini du miroir mouvant de la mer s'étendait devant lui. Il ne pensait pas pouvoir avancer plus loin ; ses muscles ne lui répondaient plus. Tout en contemplant cette immensité liquide qui s'offrait à sa vue avec majesté, il s'assit sur une grosse pierre, dans le sable, tout au bord de l'eau. Des vagues parfois venaient se briser sur les rochers en contrebas, éclatant en mille gouttelettes de cristal dans lesquelles se reflétait le soleil avec délice. Sa respiration était paisible ;son esprit vidé.

C'est alors qu'il vit arriver une silhouette qui marchait sur la plage, se laissant mouiller jusqu'aux chevilles par le va-et-vient de la mer. Cette silhouette s'approchant sans se presser, il distingua les formes d'une femme. Elle était brune, fine, belle. La grâce de chacun de ses mouvements était incontestable. Elle avançait, laissant dans le sable humide la trace de ses pas que la mer allait bien vite effacer... L'air marin soufflait dans ses cheveux avec délicatesse. Il s'aperçut brusquement qu'elle ne fixait que lui, de son regard perçant et bienveillant. D'aussi loin qu'elle venait, sa douce détermination indiquait sans doute possible que c'était lui qu'elle cherchait.

Une fois arrivée à sa hauteur, elle vint s'assoir à côté de lui sur la pierre, sans un seul mot. Maintenant qu'elle l'avait rejoint, elle ne le fixait plus ; tous deux avaient le regard tourné vers les vagues, qui venaient s'écraser à leurs pieds. Des images affluèrent soudainement à sa mémoire. Le pourquoi de son départ, de son chemin, de sa recherche...

Des images effrayantes de son père, ivre, en train de battre sa mère. Et elle de se taire en écoutan inlassablement la Sonate au Clair de Lune, les yeux dans le vague... Colère. Tristesse. Déception. Il n'accpetait plus cela. Son enfance brisée, il avait décidé de la fuir. Fuir sa vie, tout simplement. Mais loin de ceux à qui il en voulait tant. Le suicide, c'était ça. Accompagné par la nature, mais ne se laissant pas charmer par elle, c'est à cela qu'il n'avait cessé de songer tout au long de son chemin. Mais l'apparition de cette femme l'avait tellement... Il aurait voulu...

Il tourna les yeux vers celle qui s'était assise à ses côtés. Elle ne le regardait toujours pas mais un sourire charmant éclairait à présent son visage. Elle resta là une seconde, une heure, une éternité... il ne pouvait le dire. Puis elle se leva, toujours aussi tranquillement, et continua son cheminle long de la plage. Se levant à son tour, il s'approcha du bord de l'eau et contempla son reflet de longs moments. Il avait decidé de renter, de revenir... mais cette fois, avec un coeur débordant d'amour.




~ Variation d'après une idée originale d'Uriko ~

Vivre à moitié ?

le 19/01/2007 à 14h00

La moitié d'un sourire ?

La moitié d'une larme ?
La moitié d'un cri ?
La moitié d'un rire ?

La moitié d'un amour ?
La moitié d'une haine ?
La moitié d'une rupture ?
La moitié d'une amitié ?

La moitié d'une vie !


Vivez à fond tout ce que vous entreprenez !
Profitez de chaque instant de bonheur que la Vie vous offre...
... comme si c'était l'un des derniers.

Vous n'avez pas le temps de perdre votre temps !
La vie est trop courte pour la vivre à moitié...

Carpe diem.



Ne mets pas tes coudes sur la table.
Ne sois pas insolent avec tes parents.
Ne touche pas à ça ; ne parle pas tant.

Ceci, au commencement.


Extrais la racine carrée de trois mille trois cent trente trois.
Donne la date de naissance de Molière.
Dis la superficie du continent Asiatique.

Ceci, pour continuer.


Ne dis pas ce que tu penses, pense ce que les autres disent.
Ne t'intéresse pas à la litérrature, il y a mieux pour toi.
N'épouse pas cette femme, pense plutôt à ton avenir.

Ceci, parce qu'il faut vivre.


Ne dis pas non ; soit correct et exemplaire.
Ne fumes pas. Ne bois pas. Ne tousse pas. Ne respire pas.
Ne dis rien. Obéis. Ne réfléchis pas autant.

Ceci, pour enfin mourir.

Un jour...

le 11/01/2007 à 12h00

Un jour...
j'ai voulu être beau

Un jour...
j'ai voulu être riche

Un jour...
j'ai voulu être intelligent

Un jour...
j'ai voulu être sympathique

Un jour...
j'ai voulu être compréhensif

Un jour...
j'ai voulu être magnanime

Un jour...
j'ai voulu être compatissant

Un jour...
j'ai voulu être juste

Un jour...
j'ai voulu être héroïque

Un jour...
j'ai voulu être généreux

Un jour...
j'ai voulu être bienveillant

Un jour...
j'ai voulu être humble

Un jour...
j'ai voulu être indulgent

Un jour...
j'ai voulu être serviable

Un jour...
j'ai voulu être attentionné

Un jour...
j'ai voulu être protecteur

Un jour...
j'ai voulu être fiable

Un jour...
j'ai voulu être fougueux

Un jour...
j'ai voulu être courageux

Un jour...
j'ai voulu être entreprenant

Un jour...
j'ai voulu être sérieux



Mais le lendemain...
j'ai décider de rester moi-même.

Ecrivain misanthrope...

le 09/01/2007 à 21h00

"Au coeur du rêve, je suis seul. Je me retrouve dans l'isolement parfait
de la créature devant le monde."
                                                             Albert BEGUIN


Le sentiment d'être trahi. Sentiment amer... acide... on ne sait plus trop tellement le goût qu'il laisse en bouche est désagréable. J'ai fait mes adieux à l'Humanité voilà bientôt dix ans. Cette Humanité vile, belliqueuse, désordonnée et déraisonnée, à qui j'avais tout donné et qui m'a enfoncé dans le dos le poignard ô combien douloureux de la trahison. J'ai dit adieu à cette Humanité dont je ne fais désormais plus parti. J'ai dit adieu à cette Humanité qui ne m'a apporté que vices et déception. J'ai dit adieu au genre humain... et je ne le regrette pas.

Quitter les hommes, c'est me séparer d'eux. Mais pas en brisant le fil de ma vie, non, ce serait leur faire un trop beau cadeau en répondant à leurs attentes. Le suicide est la consolation des gens faibles. Conservant, la seule chose qui m'appartenait véritablement, c'est-à-dire ma vie propre, j'ai tout laissé derrière moi, tout ce qui consituait mon existence, je l'ai abandonné, et je suis parti. Parti m'installer dans une maison isolée de tout bruit humain et entourée de ce que l'homme n'a pas encore réussi à pervertir entièrement à sa suite : la Création. La seule chose qui m'avait accompagnée jusqu'ici était mon goût pour l'écriture. Etre reconnu par les hommes ne me faisait éprouver aucune joie : tirer de la gloire des félicitations de béotiens, c'est à mon avis faire preuve d'un manque total de discernement. Je ne demandais qu'une chose : la reconnaissance de la Nature pour sa créature. C'est pour cela que je suis venu m'installer au plus près d'elle.

Cette maison de pierres sèches, entourée de pins et d'oliviers, faisait resurgir au plus profond de moi les instincts primitifs et essentiels depuis longtemps oubliés par l'homme dénaturé que j'étais devenu. Privé d'eau courante, d'électricité, ainsi que de toutes ces choses futiles qui paraissent indispensablesaux hommes d'aujourd'hui, j'ai réappris à vivre, au fil de ma plume... Cette bâtisse était pour moi le berceau même de l'imagination. J'écrivais chaque jour. Coupé du monde, tout me semblait plus facile, presque évident... Malheureusement, comme cela arrive aux hommes trop sûrs d'eux, et comme par une punition divine, le don que j'avais reçu me quitta brusquement : la muse inspiratrice m'avait tourné le dos.

Désemparé et désoeuvré, je tournais en rond dans ce qui avait été le symbole de ma libération et qui devenait maintenant ma prison naturelle, aussi bien pour mon corps que pour mon esprit. Déçu par les hommes, j'étais maintenant déçu par la nature elle-même. Fou de rage, je maudissais intérieurement ce que j'étais devenu. A ma colère sans bornes  succéda une léthargie démente. J'ai dû rester prostré des jours entiers, au bord du précipice de la folie.

La vie m'avait tout pris... Dans un effort désespéré, j'ai saisi une dernière fois la plume que j'avais abandonnée, et je commençai à écrire le début d'une oeuvre que je voulais démente, reflet même de la déchéance dans laquelle j'avais plongé. Mes forces me quittant de nouveau, alors que quelques lignes seulement étaient couchées sur le papier et tremblant de fureur, je me suis juré de ne plus jamais écrire.

Las de tant de désillusions, je m'endormis sans même me rendre compte si le soleil m'avait précédé ou non. Réveillé désagréablement par un bruit confus que je n'arrivais pas à identifier, je me suis levé, inquiet de la venue d'un de ceux que j'avais fui. Ce bruit tantot aigu, tantôt grave, aurait pû s'apparenter à des chuchotements d'un être de nature mystérieuse. Ne rencontrant personne sur mon chemin, j'allais retourner me coucher quand l'idée apparemment incongrue de jeter un oeil sur mon manuscrit me traversa l'esprit. Je n'aurais pu imaginer un seul instant ce que j'allais découvrir : le texte que j'avais abandonné était maintenant terminé.

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