1.
Non.
2.
Je crois que je ne suis pas moi.
3.
Je hurle en jetant le rasoir que ma main droite tient encore.
4.
Ce n'est pas le sang qui me fait peur, je n'ai pas peur, c'est l'indicible horreur de leurs regards, pétrifiés dans la terreur, dans un élan que leurs coeurs n'ont pas compris. Odieux innoncents.
5.
Loin, loin de ce lieu, partir, vite, tenter d'oublier, savoir que je ne le pourrai jamais, et surtout : rejeter la faute sur elle, fille du vice que j'ai eu le malheur d'aimer, enfant du diable qui aurait mieux fait de m'arracher le coeur ou dévorer mon âme que de nous souiller tous deux en se volant à moi pour s'offrir à un troisième.
7.
Je coure, il le faut, le macadam me paraît bien dur, bien froid, je n'ai plus de forces, plus d'esprit, plus de coeur, il faut que je m'arrête, que j'arrête, que je l'arrête... j'allume une cigarette, effroyablement banal, ce geste me fait retrouver les sens, mais je me perds à nouveau dans les volutes sensuelles et insupportables de sa fumée. Elle sent le souffre.
10.
La lune est là, qui me transperce de sa rotondité éclatante. Elle semble si pur... et ce corps qu'elle éclaire est si laid... Elle n'a pas changé, elle, je le sais, et me rapelle une autre nuit, infiniment lointaine, où j'enlaçais cette rose sans voir ses épines... Haendel alors résonnait à nos oreilles, j'étais beau, elle belle, je me sentais la force de la protéger contre tout et tous. Mais à cet instant, tout d'elle me dégoûte, je ne verrais plus jamais ces yeux révulsés, ces lèvres ensanglantées venant cueillir un dernier baiser de l'amour et recevant celui de la mort. Laquelle de ces deux nuits est la plus irréelle ? Les deux ont-elles seulement existé ? Le fruit ne dotre haïssable union ne pouvait mériter de respirer plus longemps, le sang de cette égérie du mal est maintenant mélé à celui de son affreuse progéniture qu'elle-même sacrifie. Je ne suis pas votre père, soyez maudits et que vos âmes suivent la damnation de votre mère, à tous les trois.
17.
Je ne sais plus pourquoi je coure, je ne sais plu ce que j'ai fait, ou non, ce qui m'attends, ce que je dois faire. Si le corps que j'entends fuit n'est pas le mien, où suis-je ?J'ai besoin de lumière, mais j'en ai peur, celle de la lune me glace. Pourquoi le soleil ne se lève-t-il pas ? Pourquoi ces rues ont-elles tant de tournants ? Je peux voir, mais je ne veux plus regarder... pourquoi je...
23.
L'air froid me brûle, la lourdeur de mon corps m'insupporte, un cri jaillit de moi, non, ce n'est pas moi, ce cri inhumain est plus aigü que ma voix de plusieurs octaves, ce n'est pas moi, non, aucune fin n'était possible, rien ne sera plus possible.
7.
Non, tout est finit.
0.
C'est sûr, je ne suis pas moi.


Commentaires
Par Faustine le 26/04/2008 à 10h27
Sous la torture ?? Mmmmm !!
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Par manolito le 25/04/2008 à 16h25
Hé oui ! On m'a forcé sous la torture, mais j'ai fini par donner les mots de ta liste ! ^^
Hei !
Par moka le 25/04/2008 à 11h19
Tsssss ...
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Par manolito le 21/04/2008 à 21h50
A la demande expresse de Faustine, je vous donne les cinq mots du défi que m'a lancé Moka !

Rasoir, macadam, égérie, tournant, octave.
Je vous avoue que j'ai hésiter en voyant cette liste ! Mais que pensez-vous du résultat ?
Par Faustine le 21/04/2008 à 20h34
Et quels étaient ces fameux mots ?
Par Moka le 15/04/2008 à 19h38
Ou pas.
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Par manolito le 10/04/2008 à 22h33
Il est en effet utile de préciser que ce texte à été écrit suite à un défi que m'a lancé Moka, à savoir produire un texte de forme libre mais devant comporter cinq mots pris au hasard. Je ne préfère pas les donner, à vous de voir si vous le souhaitez...
Par Moka le 10/04/2008 à 22h15
Attends, quand même, c'est long, mais en plus, j'en ai oublié certains mots
Ca c'est assez fort. Bon, les deux premiers et le dernier, j'les ai vus, mais bon ... Difficile de les louper. J'me demande si les passants par ici, sauront les découvrir.
Mieux vaut peut-être laisser le mystère.
Un jour t'aurais le droit de m'défier aussi =)
Par Bouhb le 10/04/2008 à 22h09
C'est long.
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Par manolito le 09/04/2008 à 21h21
Écrit d'une traite sous un coup de folie littéraire... C'est pour toi, Moka !
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